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Rock that fuckin’ shit, skate music. hardcore et skate: Une décennie de skate-rock

Code of Honnor rock skate Le skateboard, plus que tout autre discipline, revendique la sauvagerie et la liberté. Hasard ou prédestination, il s’est très vite associé à la forme musicale la plus dure des années 80, le hardcore! La rencontre entre les casse – coups de la planche et les furieux du hardcore a donné naissance à un sous-genre aussi sulfureux qu’intransigeant. Une décennie de skate-rock et le skateboard n’est plus tout à fait le même. Histoire de roues et de guitares!

Même si les kids fabriquaient déjà des skateboards artisanaux dans les années 40, même si les premières planches ont été vendues dans les années 60, c’est en 1975 que la pratique s’affranchit du surf et émerge à grande échelle de la côte californienne. L’année d’après en Europe, c’est une véritable déferlante… ses adeptes sont nombreux et passionnés. A l’époque, en France, les gamins et les ados se précipitent au Monoprix pour acheter leur planche à roulettes. L’image exploitée par les média et les publicitaires est celle du jeune cool et fougueux. Rapidement l’industrie musicale colle l’imagerie skate à des groupes de variété-rock ou carrément disco. Un nouveau gimmick vendeur apparait comme le surf avec les Beach Boys. Mais les skateurs authentiques écoutent et se tournent naturellement vers la musique plus agressive du moment : le heavy métal… des trucs comme Ted Nugent ou Led Zeppelin. Et puis, certains, comme Steve Olson ont directement accroché le punk rock fraîchement débarqué d’Angleterre entre 1975 et 1977.



A l’aube des années 80, une extension plus extrême du punk rock voit le jour sur la côte Est avant de revitaliser les groupes punk de la côte Ouest et d’embrasser l’Amérique entière. Rythmes hyper rapides et guitares meurtrières… on l’appellera le hardcore (noyau dur)! Parce que le skate et le hardcore partagent une certaine idée de l’individualisme et de la fureur, les deux milieux vont faire un pas chacun vers l’autre et se confondre. D’un côté, de jeunes adeptes amateurs de skate comme Ian Mc Kaye et Henri Rollins deviennent des pionniers du hardcore avec leurs groupes respectifs Teen Idles puis Minor Threat et S.O.A. (State Of Alert), puis Blag Flag. De l’autre, des skaters vedettes comme Tony Alva, accrochent sur ce nouveau style musical offensif. On peut voir sur des sites Internet tels que celui du photographe Glen E. Friedman les membres de Minor Threat en train de skater dans un reportage vidéo diffusé sur Youtube ici. D’autres membres de groupes de hardcore skatent avec plus ou moins d’assiduité et les premières réfèrences au skate commencent à apparaître sur des pochettes de disques. J.F.A. (Jody Foster Army) de Phoenix en Arizona, avec leurs planches de skate sur toutes leurs pochettes et Big Boys d’Autin au Texas, qui entourent leur A d’Anarchy dans un roulement à billes de skate, sont considèrés comme des pionniers du trip skate-rock. A San Francisco, Code Of Honnor impose sa griffe avec un skateur en pleine action sur la pochette de son premier 45 tours et 5 skates posés contre un mur sur celle du premier album. Plus tard, un groupe comme R.K.L. (Rich Kids on LSD) fera figurer des skateboards sur ses pochettes de disques. On peut encore citer Los Oliveiros, Stalag13 Verbal Abuse et beaucoup d’autres.

Minor Threat – Skateboard Fun and "Steppin’ Stone"

[youtube KWU5AAC8XEo]

Un certain Brian Ware, plus connu sous le nom de Pushead, va donner encore plus d’ampleur à la tendance déjà bien ancrée. Dessinateur, chanteur du groupe Septic Death (précurseur du style thrash pas encore connoté métal à l’époque), il se voit confier les pages musicales du célèbre magazine de skate américain crée en 1981 : Thrasher. Les lecteurs voient alors les pages infestées de musique violente. A partir de 1983, Pushead compile des groupes de hardcore, d’abord sur des cassettes intitulées "Skate Rock", vendues dans le réseau indépendant, puis sur vinyle (jusqu’à en sortir avec des pochettes en forme de skateboard). Des vidéos de skate avec du hardcore en fond musical vont également sortir. Les groupes ne sont pas forcément composés d’adeptes du skate mais ils deviennent le son à écouter en skatant. Parmi les groupes du premier volume, J.F.A., Drunk Injuns, Skoundrelz et The Faction, respectivement les groupes de Tony Alva, Steve Caballero et David O’Brien, tous champions de skate au style offensif. Une autre star du skate, champion lui aussi, Duane Peters formera plus tard U.S. Bombes et The Hunns. Le fer est croisé, les fans de hardcore achètent des skateboards et les skaters s’éclatent les oreilles au son du hardcore. Il est vrai que les disciplines freestyle, rampe et street du skate collent au caractère sauvage du hardcore et que le frisson procuré par le slam dance et le stage diving, danses radicales issues du hardcore rivalisent avec les sensations du skate. A l’entré des concerts dans les années 80, il n’est pas rare de voir des centaines de planches laissées au vestiaire. De nombreux groupes vont faire du skate leur principal gimmick, par goût de la discipline, mais aussi parce que c’est un excellent argument de vente. Le virus rejaillit en Europe avec des groupes comme 8 Days a week (du champion de skate Klaus Grabke), Spermbirds, Skeezicks en Allemagne, Stupids en Angleterre, Cosmic Wurst, Madhouse en France, plus tard Millencolin en Suède.

On entre dans une nouvelle ère lorsque des groupes moins underground commencent à revendiquer l’étiquette skate-rock. Gang Green ,de Boston, est le premier groupe à surexploiter le filon. Des titres phares comme "Skate Hate" ou "Skate To Hell" sur leur premier album, des photos de skateboards sur la pochette du second. Mais c’est avec Suicidal Tendencies que le grand public découvre une facette du skate-rock. Formé en 1982 dans un quartier de Venice Beach à Los Angeles (berceau des légendaires Z-Boyz, la bande qui a radicalisé la pratique du skate dans les années 70 – Tony Alva, Jay Adams, Lance Mountain…), le groupe de Mike Muir est l’un des premiers à mélanger l’énergie du hardcore avec des riffs métal. Petit frère de Jim du posse Dog Town, le chanteur convie son aîné à figurer dans les clips du groupe "Institutionalized" et plus tard "Possessed To Skate", en haute rotation sur MTV. Suicidal Tendencies résume de la manière la plus simpleet assimilable commercialement la rencontre du hardcore et du skateboard : les flics et les parents veulent empêcher les kids rebels de s’adonner à leur passion!

Le skate devient véritablement un gimmick commercial lorsque le hardcore se diversifie, se mélange à d’autres genres et que la scène originelle se désagrège, puisque la plus part de ses protagonistes passent à autre chose. A la fin des années 80, le hardcore, comme scène strictement indépendante et musicalement intransigeante n’existe plus réellement, et l’état d’esprit marchand a nettement pénétré sa suite. Les groupes sponsorisés par des marques de fringues ou de skate prisées par les skaters se multiplient, comme les canadiens SNFU, et les adeptes de la panche vont donc aller vers d’autres formes musicales, du métal au rap en passant par du rock grand public. L’imagerie skate n’est plus chasse gardée et privilègiée du hardcore… elle appartient à tous! Gerry Hurtado, le champion de slalom forme son groupe de rap Skate Master State. Les Beasties Boys, pionniers new-yorkais du hardcore se mettent au rap en multipliant leurs références à leurs univers propres dont le skate, des photos de presse aux paroles de "She’s Crafty". Dans le métal Anthrax et Excel récupèrent les réfèrences et le look skate. N’importe quel groupe sait désormais que sortir un skateboard à son éffigie constitue une bonne opération commerciale. Black Flag, Misfits, Vandals pour la scène hardcore, Metallica et Boneless Ones pour la scène métal, Red Hot Chili Peppers pour un rock plus grand public. Le dessinateur Pushead a d’ailleurs designé des skates entre autres pour Metallica et Misfits. En 1987, le groupe australien INXS fait figurer un skateboard sur la pochette des 10 millions d’exemplaires vendus de son album "KIck" et les ventes de planches se multiplient. Dans les années 90, tour à tour, le groupe pop EMF exploite le look de la marque Vision jusqu’à la fibre, le groupe fusion Urbal Dance Squad et plus tard celui de noise rock Sonic Youth tournent respectivement les clips de "Deeper Shad Of Soul" et de "100%" avec des skaters. L’étiquette skate-rock est devenue un grand fourre-tout commercial, comme le montrent toujours les festivals itinérants organisés par la marque de shoes Vans qui programme à peu près tous les groupes à guitare saturée susceptibles de faire venir masse de monde.

Aujourd’hui, la scène skate-rock américaineoscillant entre hardcore, punk et métal reste des plus underground. On peut citer quelques groupes comme The Rabies, Common Enemy, The Hoosegow, The Fakies, Hightoners, Monster Trux, The Briefs. Les sites Internet www. skaterock.com, www.skatepunk.com et www.skatepunk.org sont d’ailleurs essentiellement conscarés à la scène actuelle et aux précurseurs. Mais c’est certaienement le cinéaste photographe Larry Clark qui a redonné ses lettres de noblesses au genre en consacrant son opus "Wassup Rockers" à une bande de jeunes latinos de L.A., fans de skate et de punk hardcore

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7 commentaires

  1. Je viens d’ouvrir l’article aux commentaires…
    Excusez moi j’avais zappé

  2. Excellent article, très exhaustif au niveau des groupes !
    Je vous encourage à aller jeter une oreille du côté de youtube…

  3. s’est vrais que le parcours du Skate-Rock est ici bien retracé, ce genre d’article est vraiment intéressant et meriteré d’etre plus frequent!

  4. Hey Hey Hey J’aimes bien l’article ^^
    Petite question : C’est normal que les trucks thunder light ( les 10% plus legers ) sont tellement leger qu’ils partent dans tous les sens ? Les gommes sont VRAIMENT a chiier aussi … N’en prennez jamais des light … Sa ma dégouter des thunder … J’aurais trop pensé adorer cette marque mais la a mon avis j’en reprendrais jamais … Vivement que j’aie mes new RoYaL !

  5. Yeah bon article, just listen PUNKS and RIDE !

  6. génial très instructif c’est cool les articles sur l’histoire du skate ça me botte

  7. Yeah man, you rocks!!

    Excellent article mec…

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